Loi LMP
Loueur en Meublé Professionnel : quels sont les avantages, contraintes, limites et critères d’éligibilité de la loi LMP ?
L’accès à la Défiscalisation Immobilière et aux nombreux cadeaux fiscaux de la Loi LMP est réservé aux investisseurs qui souhaitent faire de la location en Meublé une véritable activité « commerciale », à titre habituel, et générer par ce placement une réelle source de revenus.
STATUT LOUEUR EN MEUBLE PROFESSIONNEL
Réduction d’impôt TVA + Revenus Défiscalisés sur 20 ans + Exonération IFI
+ Hors Plafond Niches Fiscales
Pour le statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP) il faut respecter 2 conditions cumulatives :
- Recettes Minimum de 23 000 €/an. Cette règle s’applique la première année d’exploitation au prorata temporis.
- Bénéfices Industriels et Commerciaux liés au LMP supérieur aux autres revenus. Il faut que les acquéreurs disposent de moins de revenus que de loyers générés par la location meublée.
La location en meublé, à titre habituel, par toute personne, de chambres ou appartements, est une activité commerciale.
Cette activité relève, au regard de l’impôt sur le revenu, de la catégorie des BIC (et non celle des revenus fonciers).
L’activité LMP peut être exercée par une société de personnes (EURL, SARL de Famille non soumise sur option à l’impôt sur les sociétés).
Ainsi que par les sociétés soumises à l’impôt société (SA, SARL de droit commun, etc.). Le locataire doit bénéficier de meubles et d’agencements répondant à un usage normal d’habitation.
- Défiscalisation LMP échappe au plafonnement des Niches Fiscales.
- Amortissement des biens immobiliers LMP et imputation des amortissements « stockés » sur les revenus ultérieurs de l’activité.
- Déductions des intérêts d’emprunts LMP.
- Déductions de toutes les charges d’exploitations pour leur valeur réelle : les dépenses courantes, les impôts, les cotisations sociales.
- Récupération de la TVA si locations consenties à des exploitants d’établissement d’hébergement de résidences de services.
- Loyers LMP perçus selon bail de 9 ans minimum et possibilité de gestion déléguée à un exploitant gestionnaire (résidences de tourisme et para hôtellerie).
- Imputation du déficit BIC (hors amortissements exclus) sur le revenu global.
- Constitution d’un patrimoine (destiné à procurer un complément de revenus), transmissible à ses héritiers.
- Produit de défiscalisation. Possibilité de déduction des Frais d’acquisition des biens immobiliers, honoraires du notaire, droits d’enregistrement, frais de constitution de société, honoraires de conseil, frais d’ingénierie, montage juridico-financier de commercialisation sur le revenu global.
- Report des Frais d’établissements LMP. Si, ces frais ne peuvent pas être imputer la 1er année au moment de l’achat LMP, faute de recettes locatives cette année là (souvent le cas lorsque les Programmes LMP sont acquis en l’état futur d’achèvement). Depuis la loi de Finance de 2009 permet, lorsque l’activité est exercée, dès le commencement de la location, à titre professionnel, d’imputer la part des déficits qui provient des charges engagées, par tiers sur le revenu global des 3 premières années de location des appartements LMP, tant que l’activité reste exercée à titre professionnel.
- Exonération d’IFI. Les logements LMP ne sont pas compris dans l’assiette de l’impôt sur la Fortune Immobilière lorsque la recette annuelle est supérieur à 23 000 € TTC et qu’elle représente plus de la moitié des revenus du contribuable.
La Défiscalisation en loi LMP a été modifié par la Loi de Finance dès 2009 et si le cadeau du Fisc est toujours réservé en 2026 aux personnes dégageant plus de 23 000 € de recettes, il est désormais nécessaire que ces recettes dépassent les autres revenus d’activité du foyer fiscal. Une condition plus difficile à remplir lorsque l’un des époux non exploitant travaille. Ces 2 conditions (Recettes minimum de 23 000 € TTC et Recettes supérieur à 50 % des revenus) étaient alternatives avant 2009. Elles sont désormais cumulatives.
D’autre part, il existait jusqu’en 2018 une 3ème condition : l’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés en tant que Loueur Professionnel. Mais le Conseil Constitutionnel en a décidé autrement et a jugé contraire à la constitution les mots « inscrites en cette qualité au registre du commerce et des sociétés » et cette déclaration d’inconstitutionnalité a pris effet le 9 Février 2018.
L’activité de location meublée qui devait représenter au moins 50 % du revenu global du contribuable devient 50 % des revenus d’activité du Foyer Fiscal (même s’il existe deux déclarations de résultats).
La location meublée relève de la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). À ce titre, elle obéit aux règles de la comptabilité commerciale (dite « comptabilité d’engagement », basée sur les créances acquises et les dettes certaines) qui retrace l’ensemble des produits et des charges de l’exercice. Elle se distingue ainsi fondamentalement des revenus fonciers de la location nue, qui reposent sur une simple comptabilité de caisse (recettes encaissées moins dépenses payées).
Que le loueur soit professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP), le régime d’imposition (Micro-BIC, Réel simplifié ou Réel normal) est déterminé selon les règles de droit commun, sur la base du montant annuel des recettes :
Le régime du Micro-BIC (Régime forfaitaire) : Si les recettes annuelles issues de locations meublées classiques ne dépassent pas 77 700 € (seuil porté à 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés), le loueur relève de plein droit du régime Micro-BIC. Ce régime ouvre droit à une franchise en base de TVA (exonération sous réserve des plafonds de TVA) et à des obligations comptables ultra-allégées. L’administration applique alors un abattement forfaitaire de 50 % (ramené à 30 % pour les meublés de tourisme non classés) pour couvrir l’ensemble des frais. Les recettes brutes doivent être reportées dans le formulaire n° 2042-C-PRO (dans le volet dédié aux revenus des professions non salariées, cases 5ND, 5OD, etc.).
Le régime Réel (Simplifié ou Normal) : Au-delà de ces plafonds, ou sur option volontaire de l’investisseur, le régime Réel s’applique obligatoirement. Il impose la tenue d’une véritable comptabilité commerciale et le dépôt d’une liasse fiscale (déclaration n° 2031 et ses annexes).
L’avis de l’expert pour le statut LMP : Bien que le régime Micro-BIC reste théoriquement accessible à certains loueurs LMP (par exemple si les recettes se situent entre 23 000 € et 77 700 € et dépassent les autres revenus professionnels du foyer), il s’avère totalement contre-productif en pratique. Tout l’intérêt du statut LMP réside dans le passage au régime Réel, qui permet de déduire l’amortissement des murs et du mobilier, de créer un déficit et d’imputer ce déficit réel directement et sans limitation sur le revenu global du foyer fiscal.
Le Saviez-vous ?
Le régime du Micro-BIC ne s’applique pas aux locations consenties à des exploitants d’établissement d’hébergement lorsque l’activité est soumise à la TVA. Dans ce cas, le régime Réel est obligatoire pour piloter la TVA.
Les contribuables ont systématiquement la faculté d’opter pour un régime réel (simplifié ou normal) même si leurs revenus sont inférieurs aux seuils du Micro-BIC.
Si le loueur perçoit des recettes annuelles comprises entre 83 600 € et 286 000 €, il est soumis de plein droit au régime réel simplifié. Il doit alors télétransmettre une liasse fiscale professionnelle (déclaration n° 2031 accompagnée des annexes comptables simplifiées).
Au-delà de 286 000 € de recettes, ou sur option délibérée, l’activité bascule sous le régime réel normal, qui impose des obligations comptables approfondies et le dépôt d’une liasse fiscale complète (tableaux n° 2050 et suivants). À ce niveau de recettes, une restructuration sous forme de société de capitaux est généralement recommandée.
La qualité de loueur en meublé professionnel est reconnue aux personnes qui :
- Réalisent plus de 23 000 euros TTC de recettes annuelles (ramenés prorata-temporis en cas de commencement ou de cessation d’activité en cours d’année).
- Retirent de cette activité 50% au moins de leurs revenus d’activité (foyer fiscal),
- L’inscription en qualité de loueur professionnel au registre du commerce n’est plus obligatoire depuis février 2018.
Le Saviez-vous ?
En cas d’exercice en société, les 23 000 € de recettes s’apprécient non pas au niveau de l’entreprise, mais au prorata des parts (ou des droits) détenues par l’associé dans les bénéfices sociaux.
Cette condition de professionnalisme soulève de réelles difficultés déontologiques lorsque l’investisseur exerce à titre principal une profession réglementée du droit ou du chiffre (notaires, avocats, experts-comptables, commissaires aux comptes), ou s’il est magistrat ou fonctionnaire. Ces professions ont l’interdiction stricte d’exercer une activité commerciale directe ou par interposition, sous peine de lourdes sanctions disciplinaires (omission, radiation).
Pour sécuriser votre investissement et éviter les pièges de structuration, plusieurs éléments fondamentaux doivent être maîtrisés :
Le piège fiscal du « BIC » : Bien qu’il s’agisse d’immobilier, les revenus du LMP ne sont pas des revenus fonciers mais des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Sur le plan strictement juridique et fiscal, le statut LMP est donc qualifié d’activité commerciale récurrente, ce qui déclenche automatiquement l’alerte des instances déontologiques.
Les limites de la SARL ou de l’EURL : Utiliser une société pour faire porter l’activité par le conjoint est une solution classique, mais elle requiert une extrême prudence.
L’EURL ou la SARL classique (à l’IS) : Loger les biens dans une société commerciale soumise à l’Impôt sur les Sociétés permet de contourner l’incompatibilité, mais fait perdre le cœur des avantages du LMP à l’impôt sur le revenu (notamment l’imputation des déficits sur le revenu global du foyer fiscal).
La SARL de famille (à l’IR) : C’est le statut privilégié pour le meublé car il conserve la transparence fiscale. Cependant, la loi interdit formellement à un professionnel réglementé d’en être le gérant. De plus, certaines professions (comme les avocats, selon l’article 111 du décret du 27 novembre 1991) ont l’interdiction d’être simples associés d’une société commerciale, sauf s’il est explicitement stipulé dans les statuts que l’objet social se limite strictement à la gestion d’intérêts patrimoniaux et familiaux.
La distinction cruciale entre Gestion patrimoniale et Acte de commerce : Pour obtenir une dérogation de la part de l’Ordre qui régit la profession, l’investisseur doit démontrer que l’activité est civile et patrimoniale dans son esprit, malgré sa forme fiscale commerciale.
Ce qui est généralement accepté : Une gestion dite « passive » (achat de quelques appartements meublés dont la gestion locative courante est déléguée à une agence immobilière) dans le but de se constituer un patrimoine pour la retraite.
Ce qui est systématiquement refusé : La parahôtellerie (services de fourniture de linge, petit-déjeuner, accueil) ou l’achat-revente à forte fréquence, qui caractérisent une exploitation commerciale active.
Le point de blocage de la Sécurité Sociale : Depuis l’alignement des critères du LMP, l’inscription au statut de loueur professionnel entraîne une affiliation obligatoire à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI) et le paiement de cotisations sociales auprès de l’URSSAF. Pour un Conseil de l’Ordre, voir l’un de ses membres inscrit à l’URSSAF au titre d’une activité commerciale (BIC) est souvent un motif de refus d’octroi de la dérogation.
En conclusion : Avant de basculer en LMP, il est préférable de demander et d’obtenir une dérogation écrite de la part de son ordre professionnel en exposant clairement qu’il s’agit d’une activité de pure gestion de patrimoine personnel. À défaut d’accord ou de possibilité de montage via le conjoint, l’investisseur aura tout intérêt à calibrer finement le montant de ses recettes annuelles pour rester volontairement sous le statut civil et protecteur du LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel).
Sont déductibles des produits (loyers et accessoires) selon le régime des BIC :
Les charges liées à l’activité de loueur en meublé professionnel : charges locatives, dépenses d’entretien et de réparations, assurances, honoraires de comptabilité, impôts fonciers, taxe professionnelle, cotisations sociales non-salariées du loueur, intérêts d’emprunt…etc
Cas particulier des amortissements LMP (limitation)
Le montant des amortissements (comptabilisés) des biens loués ne peut excéder, au titre d’un même exercice, la différence entre le montant de l’ensemble des loyers acquis et le montant de l’ensemble des autres charges afférentes aux biens loués (article 39 C du CGI). La fraction des amortissements LMP exclue au titre d’un exercice peut être déduite ultérieurement, en sus de l’annuité normale, ou après la durée d’utilisation, dans le respect de la limitation.
Le Saviez-vous ?
La limitation des amortissements LMP est appliquée exercice par exercice, en prenant en compte l’ensemble des loyers et charges afférentes à tous les biens amortissables loués.
Le Bénéfice LMP est rapporté au revenu global du contribuable. En cas d’exercice de l’activité en société non soumise à l’IS, chaque associé est soumis à l’impôt sur le revenu au titre des BIC sur sa quote-part des bénéfices sans distinguer que ces derniers sont ou non distribués et sans qu’il y ait lieu à retrancher les rémunérations éventuellement perçues par l’intéressé pour les fonctions qu’il exerce dans la société.
Les déficits à l’exception des déficits provenant des amortissements exclus des charges déductibles sont imputables sur le revenu global.
En principe, les locations de logements meublés à usage d’habitation sont exonérées de TVA (article 261 D, 4° du CGI).
Toutefois, le cadre légal a été profondément bouleversé : depuis la Loi de finances pour 2024 et l‘arrêt du Conseil d’État du 12 novembre 2025, les règles sur la TVA en meublé ont changé pour s’aligner sur les directives européennes. Le Code Général des Impôts écarte désormais l’exonération et impose la taxation de plein droit à la TVA (au taux réduit de 10 %) dans deux grands cas de figure distincts : la parahôtellerie directe (courte durée) et les locations indirectes à un exploitant.
1. Les prestations de Parahôtellerie (Location directe de moins de 30 jours)
La location meublée bascule obligatoirement dans le champ de la TVA à 10 % si elle remplit les critères d’une activité similaire au secteur hôtelier. Le cadre légal impose le respect de conditions strictes de durée et de services.
La condition de durée : Les séjours doivent être conclus pour une durée inférieure ou égale à 30 nuitées. Au-delà, le régime bascule sur les règles des résidences de services de longue durée.
La règle des « 3 services sur 4 » : Le logement meublé doit être proposé avec au moins trois des prestations annexes suivantes, fournies dans des conditions professionnelles :
L’accueil et la réception : Ce service peut être assuré de manière physique ou numérique (boîte à clés, code d’accès, application smartphone), à condition qu’un dispositif opérationnel assure réellement l’information, l’accueil et l’orientation de la clientèle.
Le nettoyage des locaux : Le Conseil d’État a annulé les anciennes tolérances automatiques. Pour les courts séjours, le simple ménage initial effectué « avant l’arrivée » des voyageurs ne suffit plus. Le nettoyage doit être régulier durant le séjour et proposé de manière effective à la clientèle.
La fourniture du linge : Les draps et le linge de maison doivent être fournis. Tout comme pour le nettoyage, un simple kit déposé à l’arrivée pour un court séjour n’est plus jugé suffisant par la jurisprudence s’il n’y a pas de proposition de renouvellement régulier au cours du séjour.
Le petit-déjeuner : L’exploitant doit commercialiser et proposer lui-même la prestation. Mettre à simple disposition une machine à café ou un distributeur automatique dans les parties communes ne suffit pas.
2. Les locations indirectes (Mise à disposition à un exploitant)
Toutes les locations de locaux (nus, meublés ou garnis) consenties par convention ou par bail (qu’il soit commercial ou non) à un exploitant d’établissement d’hébergement à caractère hôtelier sont soumises de plein droit à la TVA.
Dès lors que l’exploitant final réalise des opérations soumises à la TVA (par exemple, une société de conciergerie qui sous-loue le bien en parahôtellerie ou un gestionnaire qui exploite une résidence étudiante ou senior agréée), le loyer versé au propriétaire bailleur est lui aussi taxable à la TVA. C’est le principe du régime miroir.
3. Conséquences de l’assujettissement à la TVA
Lorsque l’activité bascule à la TVA, de plein droit ou par option valide via l’exploitant, les règles suivantes s’appliquent :
La collecte : Le loueur doit facturer et collecter la TVA au taux réduit de 10 % sur le montant de ses loyers ou de ses prestations d’hébergement.
La déduction et la récupération : Corrélativement, le contribuable bénéficie du droit de récupérer la TVA (généralement au taux de 20 %) payée sur l’acquisition de l’immeuble (achat dans le neuf ou en VEFA), sur la réalisation de travaux de rénovation, ainsi que sur l’ensemble des charges et des honoraires d’ingénierie afférents à l’activité.
La récupération définitive de la TVA sur l’achat immobilier est acquise à raison d’un vingtième par an. Si le bien cesse d’être soumis à la TVA avant un délai de 20 ans (par exemple en repassant sur de la location meublée classique exonérée), le propriétaire doit reverser au fisc la TVA initialement remboursée, au prorata des années restant à courir.
Ce sujet est le plus technique du statut et celui qui comporte le plus d’erreurs sur le web. En LMP, vous quittez le régime des particuliers pour entrer dans le régime des plus-values professionnelles (articles 39 duodecies à 39 quindecies du CGI).
Lors de la revente d’un bien immobilier, le Loueur en Meublé Professionnel (LMP) est soumis au régime des plus-values professionnelles. Contrairement au régime des particuliers, la plus-value globale est scindée en deux composantes fiscales distinctes : la plus-value à court terme et la plus-value à long terme.
1. Le mécanisme de calcul : Court Terme vs Long Terme
La plus-value à Court Terme (PVCT) : Elle correspond au montant des amortissements cumulés et déduits depuis le début de l’activité (dans la limite de la plus-value globale).
Fiscalité : Elle est réintégrée au résultat imposable de l’année de la vente. Elle est donc soumise à l’Impôt sur le Revenu au taux de votre Tranche Marginale d’Imposition (TMI) et subit les cotisations sociales (URSSAF / SSI) à hauteur d’environ 30 %.
La plus-value à Long Terme (PVLT) : Elle correspond à la hausse brute de la valeur de l’immobilier (Prix de vente $-$ Prix d’achat initial).
Fiscalité : Elle est taxée au taux global de 30 % (12,8 % d’Impôt sur le Revenu $+$ 17,2 % de prélèvements sociaux).
En cas de Moins-value : Si la vente dégage une moins-value professionnelle, celle-ci est qualifiée de court terme. Elle vient se déduire directement et sans limitation des bénéfices professionnels de l’exercice, ou du revenu global du foyer fiscal en cas de déficit.
2. Les 2 seuls mécanismes d’exonération applicables aux immeubles LMP
C’est ici que se concentrent les plus grandes erreurs d’interprétation. Les dispositifs d’exonération pour départ à la retraite (art. 151 septies A) ou pour cession de faible valeur (art. 238 quindecies) excluent expressément les immeubles bâtis en gestion directe. Seuls deux leviers permettent d’atténuer la fiscalité immobilière :
A. L’exonération selon les recettes (Article 151 septies du CGI)
C’est le dispositif phare du LMP. Si l’activité est exercée depuis au moins 5 ans (le décompte commence au jour du basculement en LMP, les années passées en LMNP ne comptent pas), une exonération de l’Impôt sur le Revenu et des prélèvements sociaux est accordée selon la moyenne des recettes (HT) des deux dernières années civiles :
| Moyenne des recettes HT (2 ans) | Niveau d’exonération (IR et Prélèvements Sociaux) |
| Moins de 90 000 € | Exonération Totale |
| Entre 90 000 € et 126 000 € | Exonération Partielle (dégressive) |
| Plus de 126 000 € | Aucune exonération au titre de cet article |
⚠️ Le piège absolu de l’URSSAF : Même en cas d’exonération totale d’Impôt sur le Revenu via l’article 151 septies, les cotisations sociales (URSSAF / SSI) restent dues sur la plus-value à court terme (les amortissements réintégrés). Pour une PVCT de 60 000 €, la facture sociale s’élèvera à environ 18 000 €, bien que l’impôt sur le revenu soit à 0 €.
B. L’abattement pour durée de détention (Article 151 septies B du CGI)
Si le loueur dépasse le plafond de recettes de 126 000 € (et ne peut donc pas utiliser l’article 151 septies), il peut actionner l’article 151 septies B.
Ce texte applique un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la 5ème année, ce qui conduit à une exonération totale d’Impôt sur le Revenu au bout de 15 ans.
Attention majeure : Cet abattement pour durée de détention s’applique uniquement sur la plus-value à Long Terme. La plus-value à court terme (les amortissements) reste, elle, intégralement taxable à la TMI et soumise aux cotisations sociales, même après 20 ou 30 ans de détention.
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Exemple d’application :
Achat initial du bien : 300 000 €
Amortissements cumulés et déduits : 150 000 €
Prix de revente : 300 000 €
Calcul de la plus-value en LMP : La plus-value globale est de 150 000 €. En régime professionnel, elle se compose exclusivement d’une Plus-value à Court Terme (égale au montant des amortissements réintégrés). La plus-value à long terme est nulle puisque le bien n’a pas pris de valeur brute (vendu au prix d’achat).
L’impact de l’exonération (Article 151 septies du CGI) : Si le loueur exerce en LMP depuis plus de 5 ans et que la moyenne de ses recettes HT des deux dernières années est inférieure à 90 000 €, il bénéficie de l’exonération totale prévue par l’article 151 septies.
Attention toutefois au « Piège social » : l’exonération de l’article 151 septies ne porte que sur l’Impôt sur le Revenu. La plus-value à court terme (150 000 €) reste intégralement soumise aux cotisations sociales des indépendants (URSSAF / SSI). L’investisseur devra donc s’acquitter d’une enveloppe sociale d’environ 30 %, soit 45 000 € de cotisations, malgré l’exonération fiscale.
En effet, durant vos années d’activité, l’URSSAF n’a pas calculé ses cotisations sur la valeur du bien !
Pendant toutes vos années d’exploitation, vous avez déduit chaque année une dotation aux amortissements (par exemple 10 000 € par an).
Cette déduction a artificiellement baissé votre bénéfice comptable, le faisant souvent tomber à 0 €.
Résultat : l’URSSAF a calculé vos cotisations annuelles sur la base de ce bénéfice de 0 €. Vous n’avez donc payé que la cotisation minimale (environ 1 145 € par an).
Grâce aux amortissements, vous avez légalement « masqué » vos revenus réels à l’URSSAF pendant des années.
2. Au moment de la revente : Le « rendez-vous de régularisation »
L’amortissement n’est pas un cadeau définitif, c’est un crédit d’impôt et de charges provisoire. Il constate l’usure théorique du bien.
Le jour où vous revendez le bien à son prix d’achat (300 000 € dans notre exemple), vous prouvez au fisc et à l’URSSAF que le bien ne s’est pas déprécié d’un centime. L’usure de 150 000 € que vous avez déduite n’a jamais eu lieu en réalité.
Le droit social et le droit fiscal considèrent alors que vous devez rendre l’avantage indu. Les 150 000 € d’amortissements sont réintégrés d’un coup dans le bénéfice de l’année de la vente. C’est ce qu’on appelle la Plus-value à Court Terme.
3. Pourquoi l’URSSAF taxe alors que le fisc exonère ?
C’est là que se situe le nœud du problème : Le Code de la Sécurité Sociale et le Code Général des Impôts sont indépendants.
Le Fisc (Code Général des Impôts) : L’article 151 septies dit : « Si vous gagnez moins de 90 000 € de recettes et que vous êtes là depuis 5 ans, je vous fais cadeau de l’Impôt sur le Revenu sur ce bénéfice exceptionnel. » Votre impôt passe à 0 €.
L’URSSAF (Code de la Sécurité Sociale) : L’URSSAF ne lit pas le Code des Impôts. Elle applique sa propre règle : « Tout bénéfice professionnel ou plus-value à court terme réintégrée constitue un revenu d’activité. L’article 151 septies est une exonération fiscale, pas sociale. »
Comme vous cessez votre activité LMP (puisque vous vendez le bien), l’URSSAF fait le bilan : elle voit passer un « super-bénéfice » de 150 000 € sur lequel aucune cotisation n’a jamais été payée. Elle applique donc son barème d’indépendant pour régulariser l’historique.
Le calcul exact (méthode de l’itération) : Petite subtilité technique à l’avantage de l’investisseur : les cotisations URSSAF étant elles-mêmes déductibles du bénéfice, le taux réel ne s’applique pas bêtement sur 150 000 €, mais via un calcul en boucle. Pour une enveloppe globale, on se situe généralement autour de 30 % à 35 % de la valeur nette des amortissements récupérés. En clair, l’URSSAF récupère sa part sur le « cadeau » que l’amortissement vous avait fait chaque année.
Les investissements et l’ensemble des biens immobiliers qui entrent dans le statut du Loueur en Meublé Professionnel (LMP) sont exclus de l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) si les locations produisent plus de 23 000 € de recettes annuelles et si le loueur retire de cette activité plus de 50% des revenus du foyer fiscal.
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